Accessibility Links

CÍRCULOS CRESCENTES

Pedro Geraldo | Brazil 2024 25m





FIDMarseille



EN

Against a black background, a German voice emerges from the silence, reciting Rainer Maria Rilke’s poem I Live My Life in widening circles. Chimneys are smoking above the snow-covered roofs of a small town in northern Germany. Lights are on, there is life inside the houses. A road separates them from a forest of bare trees surrounding a frozen lake. There, a young person awaits. They are wearing a long red winter jacket down to their feet, and white furry earmuffs. A few shots linger on the landscape, and when we get back to the person, they are stripped of their clothes, exchanging a kiss with a stranger next to a trunk bending over the lake. Pedro Geraldo, discovered with the magnificent Sofia foi (FID 2023), which retraced Sofia’s mysterious wandering before her disappearance, here paints the incomplete portrait of an uprooted, solitary, and isolated being. In still frames, the fluffy grain of their DV camera seeks to capture both panoramic views and the expression of this mute character, whose volatile gaze betrays a desire to meet people. Their silence contrasts with the echo of the crowd, the anonymous conversations mixed with outside noises. Melancholy is applied in small touches, and time dilates in this painting stripped of all dramatic elements, which is more about sharing a feeling than furthering a plot – a feeling of sweet harshness. Pedro Geraldo’s clever use of continuity errors blurs the film’s temporality, thus conveying the feeling of confusion specific to exile. A feeling familiar to the poet from whom the filmmaker draws their inspiration: “I’ve been circling for thousands of years, and I still don’t know: am I a falcon, a storm, or a great song?”

Louise Martin Papasian

FR

Sur fond noir, une voix en allemand émerge du silence, elle récite le poème de Rainer Maria Rilke Je vis ma vie en cercles croissants. Les cheminées fument au-dessus des toits enneigés d’une petite ville du Nord de l’Allemagne. Des lumières allumées signalent la vie à l’intérieur des maisons. Une route les sépare d’une forêt d’arbres nus qui entourent un lac gelé. Là, une jeune personne attend. Elle porte une longue doudoune rouge jusqu’aux pieds, et un cache-oreille en poils blancs. Quelques plans détaillent le paysage, et la voilà débarrassée de ses vêtements, en train d’échanger un baiser avec un·e inconnu·e, à côté d’un tronc ployant au-dessus du lac. Pedro Geraldo, découvert.e via le magnifique Sofia foi (FID 2023), qui remontait l’errance pleine de mystère de Sofia avant sa disparition, dresse ici le portrait lacunaire d’un être déraciné, solitaire et isolé. En plans fixes, les grains duveteux de sa caméra DV cherchent autant à fixer des vues d’ensemble que l’expression de ce personnage mutique, dont le regard versatile trahit le désir de rencontre. Son silence tranche avec l’écho de la multitude, des conversations anonymes mêlées aux bruits du dehors. La mélancolie est déposée par touches, et le temps se dilate dans cette peinture dépouillée de tout élément dramatique, qui donne plus à sentir un état qu’elle ne livre une intrigue; une douce âpreté. Par un subtil jeu de faux raccords, Pedro Geraldo brouille la temporalité de son film, traduisant ainsi le sentiment de confusion propre à l’exil. Sentiment familier au poète dont iel s’inspire : « et je tourne depuis des siècles ; et ne le sais toujours pas : suis-je un faucon, une tempête, ou bien un immense chant. »

Louise Martin Papasian

Director

Pedro Geraldo

Country

Brazil

Language

German

Download the app to view your purchased content!